BTB nº 45 : LES DEUX FACES D’UNE MONNAIE DÉVALUÉE

Les sous-traitants forestiers sud-africains utilisent des machines forestières spécialisées de haute qualité et ont développé l'expertise nécessaire pour les exploiter pendant de très longues heures. La longévité de la machine...

– Gary Olsen, représentant des ventes internationales de l’usine

Tigercat a expédié ses premières machines, abatteuse-empileuse sur roues 720D et débardeur à grappin 630C, au concessionnaire sud-africain AfrEquip, en juillet 2005. Au cours des dix-huit mois suivants, le parc de machines Tigercat dans l’industrie forestière sud-africaine a explosé pour atteindre plus de 50 unités au milieu de 2007.

En juillet 2005, le taux de change du rand sud-africain contre le dollar américain était exactement de 6,68 ZAR. Fin 2006, celui-ci s’élevait à 7 ZAR. Le fer était certainement battu tant qu’il était chaud et l’on peut dire que l’industrie aurait pu contrôler les coûts d’exploitation beaucoup plus facilement que dans l’environnement actuel.

En termes de dollar américain, les économies de ces machines en termes de sécurité, de technologie, d’efficacité, d’efficience et d’améliorations ergonomiques ont atteint une moyenne de 1,5 % par an ces 12 dernières années, ou 21 % si l’on considère la dévaluation du rand face au dollar américain (13 ZAR en février 2017). L’augmentation réelle est en fait de 5 % par an ou de 60 % au total. On comprendra donc d’emblée que la planification d’une stratégie traditionnelle de remplacement de la machine dans un tel scénario financier radicalement modifié soit devenue prohibitive. Quel a été donc le plan B au cours des 10 dernières années ?

Certains clients, constatant la longévité des machines spéciales de Tigercat, ont importé des machines relativement peu utilisées d’autres parties du monde, ce qui leur donne l’impression d’avoir investi dans une nouvelle machine Tigercat à moitié prix. C’est une pratique courante que nous observons dans d’autres pays africains concernant les chargeuses.

Récemment, Tigercat a réalisé une visite dans tout le pays, à la rencontre de clients allant de grandes entreprises forestières à de petits sous-traitants possédant une seule machine. Le but était de comprendre la manière dont ils ont géré la situation pendant tout ce temps, ce qu’ils ressentent par rapport à leur achat et si l’investissement initial a valu la peine sur le long terme.

À 20 000 heures, le transporteur est considéré « tout neuf » en Afrique du Sud.

À 20 000 heures, le transporteur est considéré « tout neuf » en Afrique du Sud.

Tous ces clients étaient d’accord sur le fait qu’ayant déboursé d’importantes sommes au départ, il leur fallait absolument utiliser leurs machines de haute qualité Tigercat sur une longue période afin d’amortir le capital. La longévité est essentielle. Concernant l’exécution et l’utilisation de machines pendant de longues heures, la plupart des clients ont souligné la nécessité de disposer de bonnes installations d’atelier, de l’expertise mécanique et de l’autosuffisance des services pour que les chiffres concordent.

Même avec le taux de change actuel, il y a eu des achats récents de nouveaux débardeurs à grappin et à câble Tigercat, mais la réalité est qu’il existe un grand nombre de machines qui fonctionnent en frôlant la barre des 40 000 heures de travail. Ces machines font partie intégrante des opérations auxquelles elles participent, et ne sont pas utilisées pour les pièces de rechange. Les moteurs, et parfois même les pompes hydrauliques, les transmissions et les transmissions finales auront éventuellement été remplacés, mais dans la plupart des cas, le reste des éléments sont de première monte. Certains clients, constatant la longévité des machines spéciales de Tigercat, ont importé des machines relativement peu utilisées d’autres parties du monde, ce qui leur donne l’impression d’avoir investi dans une nouvelle machine Tigercat à moitié prix. C’est une pratique courante que nous observons dans d’autres pays africains concernant les chargeuses.

Les trains de roulement des chenilles durent apparemment jusqu'à 30 000 heures.

Les trains de roulement des chenilles durent apparemment jusqu’à 30 000 heures.

Le retour sur la durée de vie des composants des trains de roulement des chenilles était varié. Il semblait dépendre du fait de déplacer la machine d’une parcelle à l’autre ou d’avoir recours à un camion plateforme. Les composants des trains de roulement des chenilles qui n’étaient pas autorisés à parcourir des distances excessives ont duré jusqu’à 30 000 heures, alors qu’une durée de vie de 3000 heures était la norme pour les machines constamment déplacées vers des parcelles parfois situées à 20 km.

AfrEquip a choisi d’être flexible quant à la localisation de ses pièces de rechange, celles-ci étant disponibles dans les locaux du client plutôt qu’à sa filiale la plus proche.

Chaque client visité a réalisé, dès le début des opérations de récolte mécanisée, qu’un certain volume de stock de pièces de rechange devait être déplacé sur le site et, pour cette raison, AfrEquip est resté flexible quant à la localisation de ses pièces de rechange, en les disposant dans les locaux du client plutôt qu’à sa filiale la plus proche.

Débardeur Tigercat à 6 roues en Afrique du Sud. La longévité de la machine est primordiale.

Le contrôle régulier du stock et le réapprovisionnement des pièces consommées ont été compliqués au début, mais finalement la volonté de faire fonctionner le système a prévalu. De plus, au cours des premières étapes d’apprentissage, un grand nombre de clients refusait de remplacer des assemblages entiers — tels que les cylindres, pompes, moteurs ou transmissions — et tentaient plutôt d’ouvrir l’assemblage et de réparer seulement les composants internes défaillants. Ce processus s’est avéré être plus onéreux, surtout en tenant compte des temps d’arrêt. De nos jours, les clients se sont habitués à remplacer rapidement un composant défectueux par un nouveau, la pièce défectueuse étant par la suite réparée et retournée à leur stock des pièces de rechange pour un éventuel renfort.

Le haut niveau de disponibilité mécanique est une autre mesure cruciale qui a été contrôlée et gérée au fil du temps. La plupart des clients qui utilisaient des équipements agricoles ou de construction transformés pour réaliser des travaux d’exploitation forestière ont rapidement été convaincus lorsqu’ils ont vu leurs machines spéciales atteindre jusqu’à 25 % de plus de disponibilité mécanique que celles auxquelles ils étaient habitués. Ils ont été émerveillés de constater que la plupart de leurs machines spécialisées étaient capables de maintenir une disponibilité mécanique de 90 %, ceci jusqu’à 30 000 heures de travail. En règle générale, il est admis que les têtes d’abattage-ébranchage (en particulier lors de l’écorçage d’eucalyptus) ont un travail difficile et, souvent, les transporteurs spéciaux sont à la merci de la tête d’abattage-ébranchage quant aux données de performances mécaniques. Le rendement du transporteur semble même s’améliorer en séparant les deux éléments.

L’expérience avec les opérateurs de machines s’est révélée inégale au cours des années puisqu’il n’existait pas beaucoup d’opérateurs compétents d’équipements mécanisés lors de l’introduction de la première vague de machines Tigercat dans le pays, de 2005 à 2007. Les plus grandes entreprises d’exploitation forestière étaient généralement les plus durement touchées par la rotation des opérateurs et le jeu des « chaises musicales » était à l’ordre du jour. En effet, les opérateurs compétents et expérimentés sillonnaient le pays à la recherche de quelques rands de plus. Au fil du temps, le groupe d’opérateurs compétents est devenu suffisamment nombreux et les choses se sont stabilisées. La plupart des opérateurs reçoivent un salaire de base ainsi que des primes d’encouragement liées à la productivité, à la qualité du travail et au temps de fonctionnement de la machine. Toutes les opérations impliquent deux ou trois équipes par jour, de sorte que les machines accumulent de 16 à 18 heures de travail par jour.

Abatteuse-empileuse sur chenille Tigercat dans une plantation de pin en Afrique du Sud. La longévité de la machine est primordiale.

Dans l’ensemble, lors de notre visite, nous avons pu constater que les clients de Tigercat sont extrêmement satisfaits de leur décision et de leur fidélité envers nos machines spéciales, et les préfèrent largement à la conversion ou l’adaptation d’équipements agricoles ou de la construction. Les grandes performances de la machine dans les cycles de travail exigeants, les conditions de terrain difficiles et la température ambiante élevée, ainsi que des normes de sécurité supérieures, et une grande disponibilité mécanique et, finalement, une productivité supérieure sont ce qui définit les machines spécialisées et les distinguent du reste.

La dévaluation de la monnaie sud-africaine a été un défi majeur pour toutes les entreprises d’abattage car elles n’ont pas eu la possibilité de mettre en œuvre une stratégie de remplacement souhaitable et appropriée de leur flotte. Toutefois, tout repose sur la conviction partagée que les choses doivent donner leurs fruits sur le long terme et l’achat de plus de machines Tigercat est inévitable pour répondre aux besoins des récoltes mécanisées en Afrique du Sud.

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