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BTB nº 20 : Tigercat visite la Sibérie

Lors d'un voyage, réalisé pendant le mois de février, dans le but de faire la mise en service d'une nouvelle abatteuse-façonneuse H860C et de fournir une formation initiale à ses opérateurs, j'ai eu la chance de faire un suivi auprès de deux des premiers clients de Tigercat en Sibérie. Les deux compagnies avaient acheté des systèmes de récolte de Tigercat près d'un an plus tôt.

– Matt Roberts, vente internationale

Nous arrivons tôt le matin à Bratsk, deuxième ville de la région d’Irkoutsk, en Sibérie, après un voyage éreintant de 16 heures en avion, à partir de Toronto, via Franfort, Saint-Pétersbourg et Moscou. Nous sommes reçu par le directeur général Viktor Mishurov et le responsable d’entretien de Husqvarna Sibérie Nikita Mikhaylov. La société a signé un contrat avec le distributeur russe de Tigercat, Canadian Forestry Machines Ltd., l’engageant à réaliser l’entretien des machines Tigercat en Sibérie. Sans pouvoir nous reposer, nous nous sommes entassés dans le Land Cruiser de Viktor Mishurov pour faire un voyage de 6 heures jusqu’à Ust-Uda.

L'abatteuse-façonneuse à chenilles H860C par temps neigeux.

L’abatteuse-façonneuse H860C pendant le démarrage et la formation de l’opérateur. Tigercat et Canadian Forestry Machines Ltd. s’investissent de manière importante dans la formation et l’assistance.

Lorsque nous sommes arrivés sur les lieux, nous avons emprunté la rivière Uda pour parcourir les 60 km (40 milles) nous séparant du site des opérations de récolte de bois d’Angarsky Les. Durant les mois d’hiver, effectuer ses déplacements sur la rivière est de loin la façon la plus efficace d’atteindre les blocs de coupe. Il n’y a rien de comparable au fait se déplacer à une vitesse de 160 km/h (100 milles/h) sur une rivière de la Sibérie recouverte de glace. À cause du blanc dehors, il est difficile de faire la différence entre les limites de la route et les bancs de neige de chaque côté. Nous avons le souffle coupé par la surprise plusieurs fois lorsque Viktor Mishurov sous-vire ou survire tout en négociant les nombreux virages mis en place de façon arbitraire dans une vaine tentative pour ralentir la vitesse du trafic.

Une abatteuse-empileuse L870C est à peine visible au milieu des arbres dans une forêt enneigée.

L’abatteuse-empileuse L870C est en voie de devenir la machine de premier choix pour faire l’abattage en Sibérie.

Sur le trajet, des pins de Sibérie et des mélèzes ont été empilés sur le bord de la rivière en attendant le dégel printanier. Yuriy Torokhov, directeur général de Canadian Forestry Machines Ltd., explique que chaque mois d’hiver 20 000 m³ (5 500 cordes) de bois sont transportés sur une distance de 300 km (185 milles) par camion jusqu’aux scieries et aux usines de papier situées au sud, en passant sur la rivière recouverte de glace. L’équipe d’Angarsky Les est capable de récolter 30 000 m³ (8 275 cordes) de bois en 20 jours. Les excès de production sont empilés. Ils seront livrés à ses clients en les faisant flotter sur l’eau pendant l’été afin d’assurer un approvisionnement constant en bois lorsque le sol est meuble, ce qui limite la capacité de récolte.

Au bloc de coupe, nous rencontrons Vladimir Konstantinov et Igor Pervokhov, respectivement directeur général et directeur adjoint d’Angarsky Les. Ce qui me frappe en premier est que ce n’est pas une coupe totale, ni une coupe sélective, mais plutôt un type de coupe se situant entre les deux. Vladimir Konstantinov explique que l’abatteuse-empileuse est utilisée pour créer des corridors de 4 à 5 m (13 à 16 pi) de large espacés de 5 m (16 pi). Les grands arbres entre les corridors sont aussi abattus, en laissant les plus jeunes en place pour la régénération de la forêt. Selon les ingénieurs forestiers de la Bratsk State University, c’est la méthode la plus efficace pour qu’une forêt naturelle se régénère, et en examinant certaines des zones exploitées ces dernières années, cela semble bien fonctionner.

Angarsky Les réalise l’abattage avec une machine L870C Tigercat dotée d’une scie 5702 et d’un poignet effectuant des rotations sur 110°. Au moment de la visite, la machine avait été utilisée un peu plus que 3 000 heures et Vladimir Konstantinov indique qu’il en apprécie la performance et la productivité. Le modèle L870C coupe des pins et des mélèzes de 1,2 m³ (0,33 corde) avec une patte d’un diamètre de près de 80 cm (32 po) et l’opérateur est très satisfait de sa capacité à abattre et à empiler de gros arbres.

Le système de corridors fonctionne très bien pour le transport. Chacun des deux débardeurs 630C utilise son propre corridor, ce qui empêche les deux machines de se gêner mutuellement. Les deux débardeurs ont été utilisés pendant plus de huit mois sans problème.

Sur le bord de la route, une chargeuse T240B Tigercat dotée d’un grappin Rotobec 6606HD et d’un talon s’occupe du chargement. Cela a pris un certain temps à l’opérateur pour apprendre à utiliser cette configuration pour charger des billes de 30 m (100 pi). Il n’est pas possible d’utiliser la méthode habituelle de chargement employée dans le sud des États-Unis où les arbres sont déposés sur la traverse arrière, puis placés sur le transporteur en les traînant sur celui-ci, puisque ces billes énormes endommageraient la traverse. L’opérateur place plutôt les pattes en contact avec le pare-pierres de la remorque, puis les prend plus près de l’autre extrémité pour les soulever et éviter d’entrer en contact avec les traverses avant de les placer sur la remorque.

Un débardeur 630C transportant une charge de bois.

Chaque système utilise deux débardeurs 630C pour le transport.

À présent, la chargeuse T240B peut mettre sur un camion 25 à 30 tonnes de bois en 10 à 15 minutes. La prochaine chargeuse achetée par Angarsky Les sera dotée d’un grappin à talons jumelés pour améliorer le contrôle de l’opérateur lorsqu’il manipule de gros arbres. Igor Pervokhov s’attend à une réduction considérable du temps de chargement grâce à ce grappin.

La nuit tombe, alors que nous retournons à Ust-Uda où Vladimir Konstantinov et Igor Pervokhov nous offrent un souper traditionnel russe servi avec l’incontournable vodka (pour en savoir plus sur l’art de boire de la vodka en Russie, voir l’encadré ci-contre). Après un excellent repas, nous nous entassons de nouveau dans le camion de Viktor Mishurov et retournons à Bratsk pour dormir pendant quelques heures avant la prochaine étape de notre voyage.

Le lendemain, nous nous dirigeons vers le nord-est pour nous rendre à Ust-Kut, l’emplacement de la nouvelle scierie construite par la Trans-Siberian Forestry Company (TSFC). Bien que la construction de la scierie ne sera pas terminée avant l’automne, TSFC a déjà commencé à récolter du bois en utilisant trois groupes de machines Tigercat. Chaque groupe est composé d’une abatteuse-empileuse L870C dotée d’une tête d’abattage 5702, de deux débardeurs 630C transportant le bois fourni par l’abatteuse-empileuse, de deux abatteuses-façonneuses H860C situées sur le bord de la route et d’une chargeuse T240B. Récemment, TSFC a ajouté d’autres machines Tigercat à son parc de véhicules. Une abatteuse-empileuse L870C équipée d’une à scie à chaîne Pierce Pacific PSB3440 sera utilisée dans les quelques zones comptant des arbres de diamètre supérieur à 1,5 m (4,9 pi). Cinq nouvelles chargeuses T250B dotées de grappins Rotobec 8806 de 1 m² (10,7 pi²) aideront à réaliser les tâches effectuées dans la cour de scierie et la forêt. Finalement, nous sommes venus pour effectuer la mise en service de la nouvelle abatteuse-façonneuse H860C équipée d’une tête d’abattage-ébranchage TH575 Tigercat et donner une formation initiale sur son utilisation aux opérateurs.

Sur le site de l’usine, nous sommes accueillis chaleureusement par Anatoly Yakimov, directeur général de TSFC. La construction est déjà bien avancée et Anatoly Yakimov nous fait faire une visite guidée, nous montrant les bâtiments principaux, les systèmes d’alimentation et de triage et les séchoirs. Ust-Kut est très éloigné des régions urbaines d’Irkoutsk et de Bratsk, ce qui pose un ensemble de défis uniques pour un projet de construction de cette ampleur. Le béton est fabriqué sur place à partir de granulats extraits localement. La structure extérieure de l’usine a été importée de Chine, qui a aussi fourni la main-d’œuvre. Les systèmes d’alimentation et de triage ont été conçus par Anatoly Yakimov lui-même et fabriqués à partir de composants importés d’Europe et du Canada. TSFC a même construit un hôtel sur place pour loger les nombreux travailleurs et spécialistes européens qui viendront installer et effectuer la mise en service de l’équipement de façonnage de bois. Cette usine sera la plus avancée dans son genre en Russie. On estime que sa consommation de bois sera de cinq millions de mètres cubes (cinq millions de tonnes) de bois rond par an.

Un débardeur Tigercat se déplace en transportant une charge de bois.

Chaque débardeur se déplace dans son propre corridor.

Après la visite, nous parcourons 160 km (100 milles) vers le nord pour nous rendre au camp principal où les machines récoltent du pin de Sibérie et du mélèze à un rythme de production de 30 000 m³ (8 275 cordes) par mois, par groupe de machines. Nous rencontrons Pavel Tribunsky, directeur des opérations forestières, et nous nous dirigeons vers la nouvelle abatteuse-façonneuse H860C. Après une première inspection et une orientation, les opérateurs pleins d’enthousiasme l’essayent pendant que nous attendons l’arrivée du formateur d’opérateurs de Tigercat, Pierre Fortin.

Pendant qu’ils testent l’abatteuse-façonneuse, je profite de l’occasion pour observer le travail réalisé par les autres machines. L’abatteuse-empileuse L870C n’a aucune difficulté à abattre et à manipuler les arbres d’une tonne, en formant des groupes bien ordonnés que le débardeur 630C les transporte sur une distance de 200 à 300 m (650 à 1 000 pi) jusqu’en bordure de route. Là, une abatteuse-façonneuse H860C plus ancienne équipée d’une tête d’abattage-ébranchage AFM 80 Magnum façonne rapidement les arbres de façon à obtenir des billes de 5 m (16 pi). Il est possible de voir les chargeuses T240B sur la colline faire le chargement des piles de bois façonnées par l’abatteuse-façonneuse H860C. Les opérations se déroulent aussi bien que celles de n’importe quel site que j’ai visité. Pavel Tribunsky a très bien formé les opérateurs russes pour ce nouveau type de récolte employant un système de corridors jamais utilisé auparavant en Sibérie.

Canadian Forestry Machines Ltd.

Yuriy et Yana Torkhov sont les propriétaires du distributeur russe de Tigercat, Canadian Forestry Machines Ltd. Ils ont tout d’abord fait une étude exhaustive pour connaître les clés du succès des concessionnaires du marché de l’industrie forestière canadienne et ils ont imité le modèle en Russie. Après seulement trois ans de présence sur le marché, ils ont créé une entreprise connaissant un grand succès et introduit un concept complètement nouveau : celui de concessionnaire d’équipement en Russie.

Le siège de Canadian Forestry Machines se trouve à Perm, juste à l’ouest de l’Oural : un excellente emplacement pour fournir des services aux exploitants forestiers de la région. Après avoir lancé brillamment ses activités à Perm, la société a rapidement concentré ses efforts sur la région d’Irkoutsk de Sibérie, l’une des régions forestières les plus productives de la Russie, avec une possibilité de récolte de 90 millions de mètres cubes (25 millions de cordes) par an, soit 55 % de toute la production russe.

Pour soutenir les clients d’Irkoutsk, Canadian Forestry Machines Ltd. a établi un partenariat avec Viktor Mishurov de Husqvarna Siberia qui dispose de huit centres d’entretien dans la région. En Sibérie, la zone couverte pour l’entretien des machines Tigercat est désormais trois fois plus grande que celle de tout autre fournisseur important d’équipement de récolte de bois. En plus, Canadian Forestry Machines Ltd. a réalisé un investissement important pour acheter des stocks de pièces de rechange d’une valeur de deux millions de dollars américains pour les machines Tigercat employées en Sibérie. En plus des consommables communs comme les filtres, les dents de scie, les guide-chaîne et les chaînes, ces stocks incluent des essieux, des boîtes d’engrenages, des vérins et d’autres gros composants au complet, ce qui prévient des temps d’arrêt coûteux. La réaction des exploitants et des usines de Sibérie est très positive, ce qui prouve que Yuriy et Yana Torkhov ont découvert une stratégie gagnante pour fournir de l’équipement aux clients de l’industrie forestière russe.

Une vue des corridors à partir du bord de la route.

Une vue des corridors à partir du bord de la route.

L’art de boire de la vodka en Russie

La vodka est reconnue comme un produit d’origine russe dans le monde entier. Ce qui est moins connu, ce sont les trois règles russes gouvernant son usage : la vodka doit être russe, elle doit être froide et elle ne doit pas être mélangée avec quoi que ce soit. Les Russes tressaillissent de dégoût rien qu’à l’idée que nous, pauvres idiots mal informés du reste du monde, buvons de la vodka non russe en la mélangeant avec du jus de tomate, du jus d’orange ou, pire que tout, du Red Bull. Que le ciel nous préserve si nous la consommons avec des glaçons ! Boire de la vodka est un art raffiné. Si vous êtes invité à un souper en Russie et que l’on vous sert de la vodka, voici quelques conseils pour que l’expérience soit plaisante.

Un : la vodka sera servie dans une bouteille ou une carafe sortie directement du réfrigérateur, ou encore mieux, du congélateur. Elle sera versée dans des verres à spiritueux, un par invité. Ne la buvez pas encore. L’hôte commence la première tournée en levant son verre. Cela indique qu’on est sur le point de porter un toast et vous devriez aussi lever votre verre. Si vous n’aimez pas la vodka, c’est dur mais vous n’auriez pas dû vous asseoir à la table.

Deux : il ne faut pas boire de la vodka sans manger par la suite. En vous préparant donc pour le toast, prenez un morceau de pain ou un hareng saumuré. Ne vous inquiétez pas, car il y en aura amplement sur la table et le pain russe est fait dans le but précis de boire de la vodka.

Trois : l’hôte fera un discours que vous ne comprendrez pas. Ce n’est toutefois pas très important, puisque c’est tout simplement pour justifier l’action de boire.

Après le discours, les invités vont probablement discuter entre eux. Étant le seul angloophone présent sur les lieux, on ne s’attend pas à ce que vous participiez à la conversation. Tôt ou tard, la discussion arrivera à son terme et tout le monde boira sa vodka. Guettez le moment où les verres seront portés à la bouche et faites de même. Ceux qui sont capables de rester impassibles sont très avantagés. Essayez de ne pas faire de grimace, d’éviter de contracter les muscles du cou, ou encore pire, de tomber par terre, le souffle coupé. Vous vous souvenez de ce morceau de pain ou de hareng saumuré que vous avez ramassé plus tôt ? Mangez-le maintenant.

Quatre : Il est d’usage que le temps entre le premier et le deuxième toast se passe en un clin d’oeil : pendant que vous tentez de récupérer vos esprits, votre verre à spiritueux sera rempli comme par magie. Une fois de plus, ne buvez pas votre verre immédiatement puisqu’il y aura un autre toast. C’est une autre personne qui fera le discours, vous ne devrez probablement pas vous en préoccuper. Prenez un autre morceau de pain ou un autre hareng saumuré et buvez votre verre avec les autres invités.

Cinq, six, sept, huit… Le processus se répétera de nombreuses fois pendant le souper. À un certain point, tout le monde se tournera vers vous pour que vous portiez un toast. Pas de panique ! À ce point, toute honte aura sûrement disparu ! Contentez-vous de faire un discours court et simple. Il suffit de remercier les hôtes et de porter un toast au succès de tout le monde. Si vous êtes dans la situation délicate où vous tenez des propos incohérents, ne vous inquiétez pas, votre interprète sauvera la mise pour vous. за ваше здоровье! (Santé !)