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BTB nº 30 : DANS LE FEU DE L’ACTION

Jimmy Glotfelty récolte des arbres géants dans les forêts naturelles de la Virginie-Occidentale contenant des feuillus de diverses espèces.

– Paul Iarocci

Selon la West Virginia Forestry Association, la Virginie-Occidentale occupe le troisième rang aux États-Unis des États les plus boisés, grâce à près de 4,8 millions d’hectares de forêts (12 millions d’acres), composées à 94 % de feuillus. C’est dans cette région dotée de grandes richesses naturelles que l’entreprise J&B Logging Inc. de Mountain Lake Park, au Maryland, réalise ses activités.

L'équipe de J&B Logging Inc. après avoir reçu l'abatteuse-empileuse LX830C, à la fin de l'année 2010. Posant devant le modèle LX830C.

L’équipe de J&B Logging Inc. après avoir reçu l’abatteuse-empileuse LX830C, à la fin de l’année 2010. (De gauche à droite) Jerry Smeak, directeur régional de Tigercat, Eric Savage (abatteur manuel, opérateur de bulldozer), Lynn Sisler (opérateur, LX830C), Jimmy Glotfelty (propriétaire) et Brad Beckman (opérateur, chargeuse 240B). L’opérateur de débardeur TerryAlexander est absent.

Le propriétaire, Jimmy Glotfelty, a commencé à faire de l’exploitation forestière en 1995 avec son frère, puis a créé sa propre entreprise J&B Logging Inc. en 2003. Au début, l’abattage se faisait manuellement. À mesure que les opérations forestières devenaient de plus en plus mécanisées, Jimmy Glotfelty, tout comme de nombreux autres exploitants de la région, a investi dans une abatteuse-empileuse à déport arrière nul Timbco, dotée d’une scie à chaîne. C’était l’équipement idéal pour réaliser des coupes sélectives de gros feuillus à cimes lourdes situés sur des pentes raides.

Les pentes raides et le sol souvent humide de la Virginie-Occidentale limitent la mobilité et l’efficacité des débardeurs à grappin, ce qui oblige les abatteuses-empileuses à chenilles à réaliser des tâches supplémentaires, comme l’enlèvement des grosses branches, l’écimage et le débusquage du bois pour qu’il soit plus facile à atteindre pour les débardeurs.

Jimmy Glotfelty a acheté sa première machine Tigercat, une chargeuse 240B, à Lyons Equipement en 2004. La machine a depuis accumulé plus de 12 000 h de fonctionnement quasiment sans problème. « Je n’ai jamais eu à réparer la chargeuse 240B », affirme Jimmy Glotfelty. « C’est une excellente machine. » La chargeuse est dotée d’une scie à chaîne. Elle réalise principalement du triage, du tronçonnage et du chargement de bois à pâte et de billes de bois courtes.

La chargeuse LX830C transporte des billes dans la forêt

Débusquage par rotation.

En raison de la performance et de la fiabilité de la chargeuse 240B et de la relation que Jimmy Glotfelty a établie avec Jerry Smeak, vendeur de Lyons Equipment (désormais directeur régional de Tigercat pour la Pennsylvanie, le Maryland, l’Ohio et la Virginie-Occidentale), il a acheté un débardeur 630C l’été 2007 pour remplacer un débardeur Timberjack 460 plus petit. « C’est ma machine principale », souligne-t-il. Depuis ce temps, M. Glotfelty a acheté un autre petit débardeur qui est utilisé en tandem avec le débardeur 630C.

Une fois de plus, c’est la fiabilité et la durée de fonctionnement qui l’ont impressionné, car le taux de disponibilité des machines est un point crucial pour ses activités. Il utilise un système de récolte à quatre machines faisant de l’abattage, du débardage, du chargement et du transport. Il n’y a que peu de bois sur le sol, le terrain ne permettant pas de constituer beaucoup de piles, ce qui ne laisse qu’une petite marge de manœuvre. Toute défaillance de machine peut rapidement interrompre toutes les opérations.

Le débardeur 630C demeure habituellement sur la piste de débardage principale. Le terrain et le chemin forestier aménagés font que le débardage est souvent réalisé sur des pentes raides, en montant. « Habituellement, ce terrain monte et descend de façon continue. Toutes les pistes de débardage vont vers le haut », explique Jimmy Glotfelty. Il hoche la tête, attirant l’attention sur la piste actuelle située sur un chaînon moins incliné. Il souligne : « C’est un très bon terrain. »

La chargeuse 240B qui a été utilisée pendant 12 000 h semble toute neuve durant les opérations d'empilage de billes de longueur préétablie.

La chargeuse 240B qui a été utilisée pendant 12 000 h semble toute neuve.

La dernière machine Tigercat achetée par Jimmy Glotfelty date de l’automne 2010. Il a acheté à Ricer Equipment (Lucasville, Ohio) une abatteuse-empileuse LX830C dotée d’un système de mise à niveau et équipée d’une scie à chaîne d’un autre fabricant. « J’ai déjà eu en ma possession deux machines Timbco et j’ai décidé d’utiliser cette machine Tigercat. Je crois qu’elle va être bien efficace et avoir une durée de vie un peu plus longue », déclare Jimmy Glotfelty en recevant l’abatteuse-empileuse.

Jimmy Glotfelty souligne que c’est une machine plus grosse que le modèle 445 de Timbco. « Cette machine est beaucoup plus lourde. Il est plus difficile de la transporter. Avec un peu de chance, nous ne la transporterons pas plus de six fois par an. »

Lynn Sisler, opérateur, indique que la machine est très stable. M. Glotfelty renchérit : « Elle est plus longue de 30 cm et plus large de 15 cm. » Lorsqu’on lui demande s’il y a des désavantages associés à l’utilisation d’une machine plus grosse que le modèle 445 de Timbco, M. Glotfelty répond : « On apprend comment utiliser des machines dans des espaces restreints. On peut obtenir une meilleure coupe sélective dans les bois avec une machine que manuellement. J’ai fait de l’abattage manuel mes huit premières années d’activité à peu près. »

Avec l'ancienne tête, Lynn Sisler devait donner un petit coup pour envoyer les arbres vers l'arrière, ce qui contribuait aux difficultés. La structure de haute qualité de la tête 5185 associée au poignet effectuant une rotation sur 340° devraient permettre de les régler.

Avec l’ancienne tête, Lynn Sisler devait donner un petit coup pour envoyer les arbres vers l’arrière, ce qui contribuait aux difficultés. La structure de haute qualité de la tête 5185 associée au poignet effectuant une rotation sur 340° devraient permettre de les régler.

Même si elle pèse 36 000 kg (80 000 lb), une abatteuse-empileuse LX830C équipée d’une scie à chaîne est une machine très polyvalente et agile lorsqu’utilisée dans des espaces restreints où sont effectuées des coupes sélectives. Ironiquement, elle très petite à côté des gros feuillus du peuplement. Généralement, les arbres sont abattus, puis, si possible, placés le long de la machine, parallèlement aux chenilles. Cela réduit le déplacement des chenilles en raccourcissant la distance entre la machine et la cime des arbres. L’ancienne tête effectuant des rotations sur 40° limitait la possibilité de réaliser cette manœuvre. Lynn Sisler compensait le problème en ouvrant les bras inférieurs tout d’abord, en inclinant ensuite la tête, puis en donnant un petit coup pour envoyer les arbres vers l’arrière afin de les placer parallèlement aux chenilles et les faire reculer autant que possible.

En fait, lorsque Jimmy Glotfelty a reçu la machine, il a immédiatement coupé la « corne » supérieure, ce qui a réduit la hauteur totale de la tête, afin de faciliter le travail de Lynn Sisler lorsqu’il place les pattes vers l’avant.

Après avoir abattu un gros arbre, Lynn Sisler se déplace ou utilise la machine pour atteindre la cime de celui-ci, enlève les grosses branches, l’écime et le tronçonne pour obtenir des billes de longueur adéquate au besoin. Finalement, les arbres sont apportés jusqu’à la piste de débardage et placés de façon à former des groupes à un angle approximatif de 45°, les pattes vers la piste.

Bien que Jimmy Glotfelty dise que les arbres de la plupart de ses parcelles sont beaucoup plus petits, ils sont en fait gros, ce qui oblige parfois de faire deux ou trois passes de coupe. Dotés de grosses branches, leurs cimes sont très lourdes et ils sont difficiles à manipuler. En dépit des difficultés associées à ces gros arbres, M. Grotfelty affirme : « Les gros arbres permettent d’obtenir de plus gros volumes de production. »

Après avoir effectué ces opérations difficiles, c’est-à-dire les manipulations et le débusquage supplémentaires, pendant une ou deux semaines, les problèmes ont commencé. La scie à chaîne commençait à tomber en panne toutes les semaines, à cause de défaillance de la scie ou du bras de serrage inférieur. Cette situation entraînait d’importantes pertes de production et portait préjudice à la réputation des abatteuses-empileuses LX830C.

Le directeur régional de Tigercat, Jerry Smeak, se fraye un chemin à côté d'un groupe déposé sur la piste de débardage.

Le directeur régional de Tigercat, Jerry Smeak, se fraye un chemin à côté d’un groupe déposé sur la piste de débardage.

Duane Barlow, chef de produit pour les accessoires de Tigercat, explique : « La tête semblait robuste et elle fonctionnait bien dans le Pacific Northwest. Malheureusement, elle ne l’était pas suffisamment pour réaliser de la coupe sélective de feuillus en Virginie-Occidentale. »

Tony Iarocci, président de Tigercat, a visité Jimmy Glotfelty et a promis de résoudre les problèmes liés à la tête. Tigercat a essayé de travailler avec le fabricant de la tête, mais celui-ci n’a pas été capable de proposer une solution viable suffisamment rapidement pour résoudre les problèmes de scie ou de structure.

M. Barlow et son équipe ont consulté une demi-douzaine de fabricants pour trouver une tête répondant aux critères. « Aucun d’eux n’offrait une tête adéquate pour les opérations à la fois en termes de durabilité, de simplicité et de rentabilité », souligne Duane Barlow. « Jimmy s’est alors interrogé : “Pourquoi est-ce que Tigercat ne fabriquerait-elle pas une scie à chaîne?” Nous avons donc proposé un concept de base en utilisant notre modèle de bâti de scie de tête d’abattage-ébranchage, en lui intégrant deux bras et notre poignet à rotation de 340°. Le concept a été examiné et nous avons reçu le feu vert pour aller de l’avant. »

Le processus de conception détaillé a commencé en réalisant une étude sur l’utilisation spécifique prévue pour la tête et les autres têtes employées pour réaliser des opérations similaires. La structure a été élaborée en visant à fabriquer une tête résistante, simple et productive qui offrirait une polyvalence maximale pour l’abattage, l’ébranchage, l’écimage et le débusquage par rotation.

« Une tête compacte fabriquée avec des plaques épaisses très résistantes utilisées pour faire des châssis entièrement fermés permettait d’obtenir la durabilité requise », explique Duane Barlow. « En adaptant notre poignet à rotation de 340° et en lui intégrant un nouveau bloc de distribution, nous obtenions la dextérité requise. Nous avons conçu une paire de bras de serrage semblable à un grappin, l’un d’eux ayant deux pattes et l’autre une seule. Ces bras étaient commandés par des vérins indépendants pour fournir un contrôle maximal. Les goupilles des bras ont un diamètre de 7 centimètres et demi et sont similaires à celles utilisées pour les débardeurs à grappin.

En se servant des connaissances de conception acquises dans le programme des têtes d’abattage-ébranchage, l’équipe de M. Barlow a conçu une nouvelle scie à haute performance à pas de 19 mm (3/4 po). La scie est installée sur deux axes avec un dispositif de montage à ressort pour qu’elle puisse se déplacer lorsqu’elle est chargée verticalement, ce qui minimise la flexion des guides-chaînes. Elle est offerte avec un dispositif d’ajustement de tension manuel, ou hydraulique optionnel, ainsi qu’avec des capteurs optionnels de position initiale et de déplacement. Le collecteur de commande de la scie peut être commandé avec des robinets pilotes ou des solénoïdes, en fonction de ce qui convient le mieux à la machine et aux opérations. Jimmy Glotfelty a opté pour la simplicité, en sélectionnant le dispositif d’ajustement de tension manuel, les robinets pilotes et en choisissant de ne pas intégrer de capteurs. Il a toutefois acheté le poignet optionnel à rotation de 340°.

Dans le feu de l'action. L'abatteuse-empileuse LX830C coupe et manipule avec dextérité le gros bois dans le peuplement naturel à espace restreint.

Dans le feu de l’action. L’abatteuse-empileuse LX830C coupe et manipule avec dextérité le gros bois dans le peuplement naturel à espace restreint.

Le contrôle hydraulique est conçu pour fonctionner avec les machines Tigercat. Il fournit une vitesse de bras rapide, une grande capacité de préhension et une performance de scie excellente. Les commandes électroniques contrôlant les fonctions de la scie ont été optimisées en fonction des commentaires de Jimmy Glotfelty. La scie peut être contrôlée de façon complètement manuelle et est dotée de certaines fonctions automatiques, afin de s’adapter aux opérations de coupe sélective et d’ébranchage, et elle est munie de dispositifs d’ajustement pour la régler selon les préférences de l’opérateur. Jimmy Glotfelty affirme qu’il est très satisfait de la performance de la tête 5185 Tigercat et l’attente en valait la peine. Elle a été utilisée pendant plus de 550 h sans qu’il y ait de défaillance ni de temps d’arrêt.

En bordure de la route, la chargeuse 240B charge des billes de sciage courtes sur l’un des deux camions de M. Glotfelty. Un troisième camion utilisé par un sous-traitant fournit une capacité suffisante pour faire le transport des six ou sept chargements de bois produits quotidiennement par J&B Logging Inc.

Lynn Sisler réalise l'ébranchage et le tronçonnage des arbres dans le peuplement de façon routinière.

Lynn Sisler réalise l’ébranchage et le tronçonnage des arbres dans le peuplement de façon routinière.

Jimmy Glotfelty et son équipe abattent des feuillus de grande valeur utilisés pour produire des panneaux de haute qualité. « Le bois est livré à la scierie Allegheny de Kingwood, en Virginie-Occidentale. Nous abattons des cerisiers, des érables argentés, des érables à sucre, des chênes blancs, des chênes rouges, des hêtres, des bouleaux et du caryer. »

Allegheny ne veut pas seulement des produits de haute qualité, mais insiste aussi sur l’importance de préserver le bois sur pied. « Nous n’abattons pas tous les arbres. C’est pourquoi on m’a nommé Exploitant de l’année. On ne coupe pas d’arbres au hasard dans les bois », affirme Jimmy Glotfelty, en désignant le peuplement d’un geste. « On peut voir d’ici que les cimes des arbres ne sont pas endommagées. Les arbres repoussent. Tous les dix à douze ans, nous faisons une nouvelle coupe. »

Jimmy avec sa scie à chaîne Tigercat.

Il a fallu attendre un an, mais Jimmy Glotfelty a enfin reçu sa nouvelle scie à chaîne Tigercat. Et l’attente en valait la peine.

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