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BTB nº 34 : À l’ombre du volcan

Un système de récolte du sud des États-Unis réalisée en bordure de la route est implanté dans les hautes terres de l'Équateur.

Abatteuse-empileuse Tigercat L870C garée dans un site d'exploitation. Des arbres sur pied remplissant le terrain derrière l'abatteuse-empileuse et vue sur un volcan au loin à gauche.

Le volcan Cotopaxi situé dans la cordillère des Andes, à environ 70 km au sud de la capitale de l’Équateur, Quito, est impressionnant car c’est un volcan « sous-glaciaire » de presque 6 000 m d’altitude se trouvant en plein équateur. Le cône du volcan se dresse en saillie sur une grande base de 23 km située dans les hautes terres de l’Équateur, à une altitude de 3800. Aglomerados Cotopaxi Inc., fondée en 1978, produit du bois d’œuvre et du bois d’ingénierie. Sensibilisée au fait qu’il faut que la ressource première soit renouvelable et locale, COTOPAXI S.A. a tout d’abord acheté une plantation de pins de 7 000 hectares. Depuis, la compagnie a ajouté à ses biens fonciers 7000 hectares de terres supplémentaires. Environ 20 % des terrains sont des terres protégées pour assurer la conservation des bassins hydrographiques et des écosystèmes indigènes. Des plantations de pins de Monterey et de Pinus patula occupent 11 000 hectares.

Un homme portant un casque de sécurité transporte un tronc, au loin l'on aperçoit des piles de billes, et plus loin encore, une abatteuse-empileuse Tigercat abattant un arbre.

Les arbres sont écimés à l’endroit où leur diamètre atteint 14 cm, transportés jusqu’à une jetée secondaire, ébranchés manuellement et transportés de nouveau jusqu’au bord de la route. Cela réduit la charge de travail de la chargeuse et augmente la productivité de 50 à 70 tonnes quotidiennement.

La plupart des terrains de COTOPAXI S.A. sont situés autour de la base du volcan. Le sol est excellent, riche en nutriments et avec un bon drainage. En dépit donc de l’altitude élevée et des températures froides durant toute l’année, la rotation moyenne est de 20 ans, un seul éclaircissage étant réalisé lorsqu’une plantation a de 8 à 12 ans. Sebastián Garzón, ingénieur et directeur de l’approvisionnement de COTOPAXI S.A., explique que le sol est très durable. Pour le département de récolte de bois, les difficultés liées à un sol meuble et au compactage de celui-ci ne sont pas importantes. La mécanisation des opérations d’abattage final est relativement récente. Mise en place en février 2010, elle a permis de remplacer un système de récolte complètement manuel employant des abatteurs manuels, du tronçonnage, de l’ébranchage et de l’empilage manuels effectués sur le terrain et du débardage par câble. Les camions étaient chargés avec des véhicules à trois-roues Bell. Le nouveau système de récolte comprend une abatteuse-empileuse L870C, un débardeur 620D, une chargeuse T234 dotée d’une tête d’ébranchage et d’une scie de tronçonnage montées sur châssis.

L’abatteuse-empileuse L870C est équipée d’un poignet de 110° et d’une tête 5702. La machine est actuellement utilisée seulement de 4 à 6 h par jour et elle demeure en avance de trois jours sur tout le reste du système. Rodolfo Almache, l’opérateur de l’abatteuse-empileuse, est aussi un superviseur d’équipe. Ses responsabilités supplémentaires incluent de veiller aux besoins des membres de l’équipe, de vérifier la qualité et les dimensions des billes et de planifier la récolte des arbres du prochain bloc de coupe. À l’avenir, à mesure que la capacité industrielle augmente, l’objectif est d’améliorer l’équilibre du système en augmentant la capacité de débardage et de façonnage afin de pouvoir mettre davantage à profit l’abatteuse-empileuse.

Le débardeur 620D est utilisé pendant deux quarts de travail de 8 heures par jour et la distance de débardage moyenne est de 300 m, mais ce sont les tâches de marchandisage et de chargement qui sont les plus intensives.

Un débardeur 620D Tigercat tirant un chargement d'arbres à façonner.

Un débardeur 620D est utilisé pendant deux quarts de travail de 8 heures par jour.

Le pin de Monterey ne devient jamais très grand, surtout par rapport à son diamètre, et il est doté de nombreuses branches à partir de sa base. En 2009, alors que l’équipe de récolte de COTOPAXI S.A. étudiait différents systèmes de récolte mécanisée, le directeur exécutif Federico Arteta et le sous-directeur pour l’approvisionnement en bois Jorge Carrasco ont visité des sites d’opérations dans des plantations en Géorgie, en compagnie de Juan Manual Durini, directeur général d’Efocol, le concessionnaire de Tigercat en Équateur. C’est là qu’ils ont vu de leurs propres yeux le modèle de marchandisage composé d’une tête d’ébranchage et d’une tronçonneuse autonomes. Bien que la forme des arbres dans les plantations du sud des États-Unis soit très différente de celle du pin de Monterey des hautes terres de l’Équateur (les arbres adultes sont généralement plus grands et n’ont que peu de branches dans le sud des États-Unis), c’est le système que COTOPAXI S.A. a décidé de mettre en place.

Pour compenser les difficultés supplémentaires associées au nombre élevé de branches, l’entreprise a fait certains ajustements. Tout d’abord, les arbres sont élagués manuellement sur une longueur de 2 m à partir de leur base. Ensuite, un autre ajustement a été réalisé relativement à l’autre extrémité des arbres. La compagnie a remarqué que la chargeuse prenait trop de temps pour essayer d’enlever les branches de la partie supérieure des arbres. Maintenant, l’opérateur n’ébranche plus les arbres jusqu’au bout. Il les écime avec la tronçonneuse à la hauteur où ils atteignent 14 cm (5,5 po) de diamètre et empile les cimes. Le débardeur apporte les cimes jusqu’à une jetée secondaire lorsqu’il revient dans le bloc de coupe. Les cimes sont ébranchées manuellement et les billes sont ensuite ramenées jusqu’en bordure de la route, puis elles sont placées sur les piles de billes utilisées pour fabriquer des panneaux à particules. Cet ajustement a permis de réduire la charge de travail de la chargeuse et a augmenté la productivité quotidienne de 50 à 70 tonnes.

COTOPAXI S.A. a trois produits finis principaux. La cour de scierie accepte les billes de 2,18 et 2,55 m, ainsi que leurs multiples, jusqu’à une longueur maximale de 7,3 m. L’usine de fabrication de panneaux de fibres à densité moyenne accepte les billes de 1,80 à 2,55 m. Les billes de 1,10 à 2,60 m sont acceptées pour les panneaux à particules. Les tolérances relatives à l’enlèvement des branches sont très serrées pour les billes de sciage et celles utilisées pour fabriquer les panneaux de fibres, mais moins pour celles employées pour faire les panneaux à particules. Les différents types de billes et l’ébranchage difficile exigent que la chargeuse soit utilisée pendant deux quarts de travail de 8 h. La production actuelle quotidienne d’abattage final est estimée à 250 tonnes/jour.

Un débardeur 604C Tigercat avec un chargement complet de billes de longueur préétablie dans son treuil se déplaçant sur une pente.

Un débardeur Tigercat 604C est employé dans les opérations d’éclaircissage des rangées

En plus de l’équipe pour les opérations d’abattage mécanisées, il y en a une pour l’éclaircissage manuel, la pièce centrale de ces opérations étant un nouveau débardeur à câble 604C Tigercat. Les arbres sont abattus, tronçonnés, ébranchés et empilés sur le terrain de façon manuelle. Le débardeur 604C transporte les groupes de bois court jusqu’en bordure de la route où une chargeuse trois-roues Bell charge les camions. En planifiant les opérations avec soin, le département de récolte tente de faire en sorte que l’équipe d’abattage et celle d’éclaircissage demeurent proches l’une de l’autre pour qu’elles puissent s’emprunter mutuellement de l’équipement au besoin. Il n’y a jamais de personnel excédentaire car les membres de l’équipe sont formés pour travailler sur les différentes machines en cas de besoin.

Vue depuis la cabine d'une chargeuse T234 ébranchant un arbre.

L’ébranchage est difficile à réaliser en raison du nombre élevé de branches du pin de Monterey.

COTOPAXI S.A., qui s’occupe aussi de faire la préparation des sites et la plantation, a aussi travaillé pour améliorer la qualité des peuplements. Alors que les années précédentes, les opérations se déroulaient principalement dans les anciens peuplements de moindre qualité et que le rapport d’abattage définitif par rapport à l’éclaircissage était très élevé, à l’heure actuelle, à mesure que la qualité des peuplements s’améliore, la proportion d’opérations d’éclaircissage est en augmentation, la moyenne de terrain couvert étant de 600 hectares par an. Lorsque l’équipe d’éclaircissage est sur le terrain, sa production quotidienne est d’environ 160 m³.

Henry Cuichan, qui a suivi un programme de formation de quinze jours à l’usine de Tigercat, est responsable de l’entretien de toutes les machines Tigercat. Il s’occupe de tout l’entretien quotidien et de toutes les petites réparations. Le directeur technique d’Efocol, Santiago Neira, travaille avec Henry Cuichan pour résoudre les gros problèmes.

L'équipe de récolte de COTOPAXI S.A. ; un grand groupe d'hommes posant devant le débardeur 620D Tigercat.

L’équipe de récolte de COTOPAXI S.A. La mécanisation a augmenté le niveau de compétence des employés, amélioré la productivité et réduit les blessures au travail.

Sebastián Garzón explique avec fierté que l’entreprise a fourni beaucoup d’efforts pour améliorer la sécurité en mécanisant ses opérations et en assignant les personnes travaillant sur le terrain à des postes moins risqués. La transition a été effectuée sans pertes d’emplois. Le nouveau système permet d’améliorer grandement la productivité, ainsi que la sécurité, et réduit le nombre de blessures au travail.

 

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