Un petit nouveau sur scène (Logging and Sawmilling Journal, octobre 1994)

Un prototype de l'abatteuse-empileuse spécialisée 853E de Tigercat grimpe aisément les pentes de B.C.

Cet article a été initialement publié dans Logging and Sawmilling Journal, en octobre 1994.
Reproduction autorisée.

— Allan Haig-Brown

« D’habitude ce n’était pas comme ça », explique l’entrepreneur forestier Jerry Schwartz, faisant référence à l’époque, désormais révolue, où le gros bois abondait et les terrains étaient faciles.  Le bloc de coupe où il travaille, situé sur une colline au-dessus d’une vallée de l’Okanagan, au nord de Vernon, comprend un mélange de cèdres, d’épinettes et de sapins, avec beaucoup de pièges et seulement quelques bons et grands arbres de plus de 45 mètres sur des pieds de 0,6 m.  Pour générer des bénéfices dans ce type de forêts, les coûts d’exploitation doivent être calculés avec précision et surveillés attentivement.  Il n’y a pas beaucoup de place pour l’erreur.

Logging and Sawmilling Journal, octobre 1994Les principales composantes des coûts d’exploitation sont le travail et l’équipement.  Dans une équation rentable, cela doit être équilibré avec la production.  Au cours des vingt-cinq dernières années, la société de Schwartz, Blue Nose Logging, s’est forgé une réputation en gardant l’équation rentable. Elle le faisait grâce à des exploitants hautement qualifiés et des équipements modernes.  Là en particulier, ils travaillent sur un bloc de coupe de 28 hectares avec une gamme d’équipements John Deere, dont un bulldozer 850B, un débardeur à grappin 748E, un débardeur à câble 540E et des chargeuses 644. Le seul équipement sur le bloc qui ne soit pas de la marque John Deere est la nouvelle abatteuse-empileuse.

L’abatteuse-empileuse Tigercat 853E est fabriquée par l’usine Tigercat de Brantford, en Ontario.  Elle est distribuée au Canada par John Deere.  L’été dernier, Capital Tractors of Vernon, distributeur de produits John Deere, a demandé à son client Schwartz s’il souhaitait tester le prototype.  Résultat : il est le premier client satisfait du fabricant, ce qui laisse en entrevoir beaucoup d’autres à venir.  « Nous l’avons essayé pendant trois semaines, puis nous l’avons acheté », explique Schwartz, avant d’ajouter qu’il y avait d’autres entrepreneurs locaux en attente d’acheter l’unité s’il l’avait refusée.

En un mot, il aime la solidité de construction du Tigercat et la rapidité de son fonctionnement. Avec une flotte de machines JD et une longue relation avec Capital, il ne s’est pas du tout inquiété de l’assistance du concessionnaire pour la nouvelle abatteuse.

Le premier bloc dans lequel ils ont pris la machine avait un bon pourcentage de grands arbres sur des pentes qui allaient jusqu’à 50 %.  Le deuxième bloc d’essai, exploité pour le compte de Riverside Forest Products, faisait 28 hectares sur un terrain un peu plus confortable, mais les peuplements mixtes ralentissaient légèrement la production.

Selon Schwartz, c’est là où l’association de l’expérience de l’opérateur à la machine devient payante.  Il décrit l’opérateur Daryl Watts comme « le meilleur de la vallée : il peut couper systématiquement de deux charges et demi à trois charges par heure. »

À l’aide de la nouvelle machine, Daryl avait coupé le bloc de 28 hectares, c’est-à-dire 4800 mètres cubes, en à peine sept jours à un rythme de huit heures par jour.  Cela équivalait à environ 150 charges de camions.  La machine était équipée d’une scie circulaire à rotation continue de 50 cm de Koehring Waterous. Elle peut s’adapter à plusieurs marques avec une vitesse de déplacement de 4,5 km/h, contre seulement 2,0 km/h pour certaines abatteuses-empileuses de la concurrence.  Sous les commandes de Watts, le reste de la machine semble aussi rapide.  Dans une petite forêt, il coupe et rassemble trois ou quatre arbres avant de fermer les bras de préhension sur la tête de coupe.  Mais c’est en traitant du gros bois sur des pentes abruptes que la machine impressionne vraiment, a déclaré Watts.

« Grâce à la façon dont la flèche et les cylindres sont montés, vous pouvez replier la tête entre les chenilles. Cela permet plus de puissance de levage avec les grands arbres. »

Watts, qui a conduit un certain nombre d’abatteuses-empileuses au cours des sept dernières années, s’est également montré satisfait de la visibilité et de la force de la cabine. « J’en ai fait tomber des gros dessus », dit-il en plaisantant.

Lorsque Watts retourne au travail, Schwartz décrit le défi suivant pour la nouvelle machine, un chablis à grande échelle de bons bois qui génèrera selon lui quelques 500 camions. Il a prévu d’utiliser le Tigercat pour couper une bande longeant le bord des arbres sur pied.  En partant de cette bande, le Tigercat serait utilisé pour couper les arbres sans souches.  Une paire de débardeurs éliminerait la première rangée, deux ou trois arbres à la fois, ce qui permettrait à l’abatteuse-empileuse d’arriver à la rangée suivante.

La machine Tigercat spécialisée, tel qu’elle sera vendue au Canada, ira avec le modèle John Deere 6076AF, 7. Diesel 6 litres turbo chargé et après refroidissement, générant 205 ch à 2200 tr/min.  Les cylindres hydrauliques sont également fournis par John Deere et sont combinés à une « boîte noire » de détection de charge qui ajuste automatiquement le débit afin que les fonctions de commande, de basculement et de flèche soient maintenues dans une large gamme de situations de charge.  La machine est montée sur une chenille D6 et des cylindres inférieurs.  Le prototype dispose de chenilles de 0,6 m (à 1 crampon) avec des orifices pour la neige et la boue.

Tony Iarocci, président de Tigercat Industries, explique que la machine est conçue pour utiliser au mieux la puissance du moteur.  Le modèle 853E, de 23 950 kg sans tête d’abattage, peut être classé comme une machine de taille moyenne par rapport aux grandes machines de 38 555 kg et à certains modèles plus petits de 15 422 kg.

« L’important c’est la géométrie de la machine », dit Iarocci. « Les designers ont travaillé dur pour amener le poids utile (avec la tête d’abattage) à 26 762 kg. »

Pour y parvenir, il a fallu répartir le poids de manière minutieuse. L’idée était de proposer la plus petite machine possible capable de travailler sur des pentes abruptes, un terrain accidenté et la taille de bois ciblée, ajoute-t-il.

Le modèle 835E est un produit des années 1990, où les exploitants travaillaient souvent dans des peuplements plus marginaux et avaient besoin de fiabilité et d’efficacité opérationnelles. Un grand nombre de machines anciennes étaient des excavateurs modifiés. Le 853E est une abatteuse-empileuse spécialisée.

Tigercat est une entreprise de designers. Tony Iarocci et d’autres membres de l’entreprise ont acquis une vaste expérience dans le design aux côtés d’autres grands fabricants de machines d’exploitation forestière. Tigercat a été créée il y a trois ans et, depuis, l’entreprise s’est spécialisée dans la construction d’abatteuses-empileuses pour le marché du sud-est des États-Unis.

« Nous nous sommes lancé au milieu d’une récession, et les choses étaient un peu plus fortes aux États-Unis », a déclaré Iarocci. « Nous avons conçu nos premières machines pour ce marché-là. Actuellement, le niveau d’activité est en augmentation au Canada. »